
Congo
Mussi Kongo, également surnommé « L’Enfant du pays », est un chanteur, auteur-compositeur, percussionniste et danseur congolais. Né le 29 avril 1990 à Brazzaville, en République du Congo, il développe une musique engagée dans laquelle le reggae rencontre le soukous, la rumba congolaise, le jazz, le rock et les rythmes traditionnels africains. Il est aujourd’hui installé à Bordeaux.
Une enfance marquée par l’histoire du Congo
Le parcours de Mussi Kongo est profondément lié à l’histoire de son pays. Enfant, il est confronté aux conséquences de la guerre civile congolaise de 1997. Cette expérience nourrit progressivement sa sensibilité aux questions de justice sociale, de paix, de gouvernance et de déplacement des populations.
Il grandit également dans l’environnement culturel du cercle Sony Labou Tansi à Brazzaville, un lieu consacré au théâtre, à la création et à la transmission artistique. Cet univers lui permet de découvrir très tôt le spectacle vivant et les traditions musicales congolaises.
Des débuts dans la danse et les percussions
Mussi Kongo commence sa pratique artistique vers l’âge de treize ans au sein du ballet Ma-Nkoussou. Il y apprend le chant, la danse et les percussions auprès de Jean Banzouzi, également appelé Maître-Djim, l’un des cofondateurs des Tambours de Brazza.
Cette formation lui donne rapidement accès à la scène. En 2005, il devient leader du groupe et directeur artistique de sa pépinière. La même année, il participe à la première édition du concours pour enfants du Festival panafricain de musique, le FESPAM, où sa formation remporte le premier prix.
Les percussions traditionnelles occupent dès lors une place importante dans son langage musical. Elles ne servent pas uniquement à accompagner ses chansons : elles relient son reggae aux différentes cultures et aux nombreux rythmes présents au Congo.
Du hip-hop au reggae
En 2009, Mussi Kongo fonde avec Dady Sentso le groupe de hip-hop BZ-Connection. Le duo participe au Grand Prix de rap de Pointe-Noire et obtient le deuxième prix. Cette période lui permet de développer son écriture, son flow et sa manière d’aborder les réalités sociales dans ses textes.
Entre 2010 et 2012, il complète son apprentissage à travers différents ateliers de musique avec Rido Bayonne et Eddy Mboyo. Il travaille également le slam et la poésie avec le collectif Styl’Oblik à l’Institut français du Congo, tout en participant à des festivals comme RIAPL et Mantsina sur scène.
En 2012, il se tourne plus franchement vers le reggae et fonde Kizma Connection. Ce nouveau projet lui permet d’associer le caractère contestataire du reggae aux rythmes traditionnels congolais et à son expérience de percussionniste.
Une musique engagée et panafricaine
Les chansons de Mussi Kongo abordent des thèmes comme la corruption, le chômage, les injustices, l’immigration forcée, le changement climatique et la responsabilité des dirigeants. Son écriture s’inscrit dans la tradition du reggae engagé, avec l’ambition de sensibiliser les citoyens plutôt que de simplement divertir.
Parmi ses influences figurent notamment Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly, mais aussi les traditions musicales congolaises qui ont marqué son enfance. Il cite également plusieurs grandes figures africaines de résistance et d’émancipation, comme Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Nelson Mandela, Kimpa Vita et André Matsoua.
Mussi Kongo chante en français, en anglais et en kikongo. Cette diversité linguistique lui permet de s’adresser à différents publics tout en conservant un lien direct avec l’histoire et la culture du royaume Kongo.
« Éveil », un premier album préparé pendant dix ans
Le 22 avril 2022, Mussi Kongo publie son premier album, Éveil (Kizma Connection). Produit par Jam Production, le projet compte sept titres et représente l’aboutissement d’environ dix années de travail artistique.
L’album comprend notamment :
Crise de l’emploi ; Immigration forcée ; Tyrannie politique ; Chute de Babylone ; Vumbuka Africa ; L’Indivisible ; Tumba ba Ntumba.
À travers ce projet, l’artiste appelle à une prise de conscience collective. Il y dénonce les difficultés rencontrées par la jeunesse africaine, notamment le chômage et le manque de perspectives, qui peuvent conduire à l’exil ou à l’immigration forcée.
Musicalement, l’album associe le reggae à des instruments et sonorités issus du folklore congolais. Mussi Kongo cherche ainsi à proposer une identité différente du reggae jamaïcain classique, sans rompre avec son héritage contestataire et spirituel.
Un nouveau chapitre artistique à Bordeaux
Arrivé en France en 2023, Mussi Kongo rejoint l’Atelier des artistes en exil, une structure qui accompagne les artistes contraints de poursuivre leur parcours loin de leur pays. Il est ensuite présenté comme installé à Bordeaux, où il continue de répéter, de se produire et de développer son projet musical.
En France, il participe notamment à des concerts mêlant musique et sensibilisation autour de l’exil, des migrations et des relations entre la France et l’Afrique. En juin 2024, il figure par exemple dans la programmation de la Fête de la musique et de la Journée mondiale des personnes réfugiées organisée à la Cité Fertile.
Sa présence à Bordeaux ouvre une nouvelle étape dans son parcours : celle d’un artiste congolais qui continue à défendre ses racines tout en rencontrant de nouveaux musiciens, de nouveaux publics et les différentes cultures de la diaspora africaine.